Instauration d’un impôt sur les sociétés patrimoniales
20 octobre 2025
Instauration d’un impôt sur les sociétés patrimoniales20 octobre 2025 Le Gouvernement a présenté mardi 14 octobre 2025 le projet de loi de finances pour 2026 (PLF 2026). A ce stade, le projet apparaît relativement sobre, comportant peu de réformes d’ampleur et reposant principalement sur des mesures d’ajustement. Les dispositions proposées sont donc susceptibles d’évoluer assez sensiblement durant la discussion budgétaire et ne doivent pas être considérées comme définitives. Les mesures principales du projet de loi sont les suivantes :
La principale nouveauté réside dans l’instauration d’une taxe annuelle de 2 % sur les actifs non professionnels détenus par des sociétés françaises ou étrangères, contrôlées par des personnes physiques résidentes fiscales de France. Cette taxe, qui s’apparente à une forme d’impôt de solidarité sur le patrimoine financier détenu par certaines personnes physiques, soulève des interrogations quant à sa compatibilité avec les conventions fiscales et le droit européen et nécessitera d’être clarifiée par le parlement. Un champ d’application très largeLa taxe s’applique aux sociétés :
Les sociétés étrangères sont également concernées si un résident fiscal français détient directement ou indirectement plus de 33,33 % des droits dans la société. Contrairement aux différents projets qui ont circulés avant la présentation du PLF2026, le champ de la taxe est donc large et de très nombreuses sociétés pourraient y être soumises. En revanche, en visant principalement les actifs non professionnels, la base de la taxe serait limitée. Une assiette de la taxe centrée sur les actifs non professionnelsLa taxe est calculée sur la valeur de marché des actifs non professionnels détenus par la société à la date de clôture de l’exercice au titre duquel elle est due (31 décembre 2025 pour la taxe 2025) et se compose de trois blocs : Les biens immobiliers et mobiliers - Ce premier bloc inclut la valeur vénale des biens meubles corporels, les immeubles, ainsi que les droits y afférent, à l’exclusion de ceux affectés à une activité opérationnelle (industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale) selon leur proportion d’affectation. Certaines dettes contractées pour l’acquisition des immeubles viennent minorer la valeur des immeubles. Les disponibilités et les titres de placement - Ce deuxième bloc comprend la trésorerie et une fraction des titres détenus par la société autres que les titres de participation (au sens fiscal). Les titres de PME européennes détenus avant le 1er janvier 2026 ou obtenus après cette date par souscription sont également exclus de cette assiette (sous conditions) ainsi que les parts de fonds communs de placement à risques ou de fonds professionnels de capital investissement qui ne sont pas prises en compte. Les actifs taxables détenus via des filiales et des sous-filiales - Ce troisième bloc englobe la valeur vénale des actifs taxables (biens immobiliers, titres de placement, disponibilités) détenus par des filiales, non cotées, contrôlées par la société. Ces actifs sont évalués selon les mêmes règles que ceux détenus directement (points 1 et 2) mais leur valeur est retenue au prorata du taux de détention de la filiale. Cette mesure viserait à décourager des stratégies le contournement par l’interposition de filiales et la localisation d’actifs éligibles en leur sein. Des rectifications viennent corriger la base imposableLa base imposable du deuxième bloc (disponibilités et titres de placement) peut être réduite par trois éléments cumulables :
Des modalités de déclaration et de paiement différentes selon que la société est résidente de France ou nonLe taux de la taxe est fixé à 2 %. La taxe est due par les sociétés elles-mêmes lorsqu’elles ont leur siège en France. Elle est déclarée selon les mêmes règles qu’en matière d’impôt sur les sociétés et n’est pas déductible. S’agissant des sociétés étrangères, la taxe est due par les personnes physiques, résidentes de France, qui les contrôlent. Elle est alors déclarée annuellement via leur déclaration de revenus l’année suivant la clôture de l’exercice. Les participations déjà soumises à la taxe sont exonérées d’IFI chez les personnes physiques concernées. Une entrée en vigueur dès 2025Pour les sociétés françaises, la taxe entre en vigueur au titre des exercices clos à compter du 31 décembre 2025. Pour les personnes physiques détenant des sociétés étrangères, la taxe sera due à compter du 31 décembre 2026 (à payer en 2027). La discussion budgétaire devra apporter des clarificationsLa taxe soulève des difficultés techniques qu’il conviendra de lever lors de la discussion budgétaire, notamment liées à la définition des biens affectés à une activité professionnelle et ceux à prendre en compte pour calculer la minoration de 15 % de la valeur des disponibilités et titres de placement. La taxe heurte également plusieurs principes fiscaux notamment constitutionnels parmi lesquels (i) l’imposition des personnes physiques détenant une participation minoritaire dans la société patrimoniale, qui n’auront pas participé à la décision de non-distribution, (ii) l’absence de plafonnement de la taxe en fonction des capacités contributives des associés et (iii) la double imposition des revenus et des produits encaissés par la société patrimoniale, imposés à son niveau lors de leur encaissement et à celui des personnes physiques au moment de leur redistribution. Enfin, la taxe soulève des problèmes de compatibilité avec (i) les conventions fiscales internationales dès lors que les revenus encaissés par la société patrimoniale étrangère (comme les dividendes) seraient soumis à la taxe en France, alors que les conventions fiscales internationales attribuent à l’État de résidence de la société un droit exclusif d’imposer ces revenus et (ii) le droit communautaire puisque les dividendes encaissés par ces sociétés patrimoniales de leurs filiales européennes pourraient se trouver imposés à un taux supérieur à 5 % de leur montant, en contradiction flagrante avec la directive 2011/96/UE, dite « mères-filiales ». La discussion est ouverte. Dernières Publications
Dernières News
Dernières Evénements et formations
legal updates 29 mai 2026 Consumer Lens - Session 1 | The Rise of European Class Actions podcasts and webcasts 29 mai 2026 Tax NOLs in Cross-Border Structures Webinar legal updates 28 mai 2026 EU Pay Transparency Directive legal updates 27 mai 2026 Trade secrets and the Digital Omnibus: key risks and safeguards actualités 02 juin 2026 Next stop, public ownership: Eversheds Sutherland advises DfT on GTR transi... actualités 01 juin 2026 Eversheds Sutherland strengthens restructuring offering with senior partner... actualités 01 juin 2026 Eversheds Sutherland strengthens Commercial Advisory practice with technolo... actualités 28 mai 2026 Eversheds Sutherland advises Schroders Greencoat on acquisition of Dutch bi... virtual UK employment law training 09 juin 2026 1pm - 4pm (BST) Virtual virtual Nordic (Denmark, Finland, Norway and Sweden) employment law training 16 juin 2026 12.45pm - 4pm (BST) Virtual virtual Introduction to Swiss employment law 23 juin 2026 2pm - 5pm (GMT) Virtual virtual UAE - Employment law in the Dubai International Financial Centre 10 septembre 2026 9.30am - 1.30pm (GMT) Virtual |